EXPOSITION CENSURÉE A CAUSE D’UNE CRITIQUE DE L’ISLAM : LE JUGE ADMINISTRATIF RÉAFFIRME LA LIBERTÉ D’EXPRESSION COMME LIBERTÉ FONDAMENTALE

Comme promis via mon compte facebook, voici la décision du juge des référés. Je rappelle les faits : en l’espèce, six étudiants en master 2 d’arts plastiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne devaient exposer leurs travaux artistiques – lesquels avaient été sélectionnés par un jury – à la galerie Michel Journiac dépendant de leur faculté. Deux des œuvres (sur une vingtaine) traitaient de l’Islam. Il s’agissait d’un tapis de prière sur lequel devait être déposé un tas de viande ainsi que des portraits de l’artiste dont l’un représente le buste d’une femme revêtue d’un « niqab » et dont le visage est remplacé par de la viande.

Le jour du vernissage – mardi 10 mars 2015 – des policiers sont venus à la galerie pour obliger les artistes à décrocher l’intégralité des œuvres. Bien entendu, les œuvres qui dérangeaient étaient celles qui traitaient de l’Islam. La décision de censurer l’exposition provenait du Président de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et la Préfecture de Police de Paris y a prêté son concours.

Je les ai donc aidés – étant étudiant en master de droit public – en rédigeant un référé-liberté envoyé au Tribunal administratif de Paris afin que le juge des référés oblige la Préfecture de Police de Paris et l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne de ne pas faire obstacle à l’organisation de l’exposition. L’audience a eu lieu ce matin à 10h00.

Le juge des référés, dans son ordonnance, a statué en faveur des artistes requérants en réaffirmant que « la liberté d’expression a, comme la liberté de communication des idées et des opinions, le caractère d’une liberté fondamentale, à laquelle les autorités de police ne peuvent apporter de restrictions, afin de concilier son exercice avec les exigences de l’ordre public, que dans la mesure où elles sont strictement nécessaires et proportionnées à ces exigences ; que la possibilité pour des artistes d’exposer leurs œuvres participe à l’exercice de cette liberté ».

Il poursuit en expliquant que « le président de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a, dans l’exercice des pouvoirs de police qu’il détient en vue de la sécurité des usagers du service public et de la gestion des dépendances du domaine public, porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression des six étudiants dont les œuvres d’art devaient être exposées ».

L’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne est donc dans l’obligation de ne pas faire obstacle à l’organisation de l’exposition. L’exposition et le vernissage vont donc avoir lieu comme prévu.

Je m’en vais fêter ça avec les artistes !

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7 réflexions sur “EXPOSITION CENSURÉE A CAUSE D’UNE CRITIQUE DE L’ISLAM : LE JUGE ADMINISTRATIF RÉAFFIRME LA LIBERTÉ D’EXPRESSION COMME LIBERTÉ FONDAMENTALE

  1. Je suis étudiante en L2 d’arts plastiques à Saint Charles, nous avons eu une réunion d’information hier concernant cette « affaire » et il nous a été dit que la décision ne venait pas de la direction de Paris 1 mais uniquement de la préfecture. Un éclaircissement ? =)

    En tout cas, un grand merci d’avoir soutenu nos camarades durant cette pénible histoire ! Bonne soirée, Ilona Contamain.

    1. J’étais dans cette assemblée générale et je suis intervenue pour dénoncer cette affaire et surtout pour demander que les organisateurs du Prix Michel Journiac prennent position contre la censure et l’intervention de la police dans l’ U.F.R, ils se sont tus. Les « explications « fûmeuses » qui ont été fournies n’ayant qu’un seul objectif : se protéger parce qu’ils sont clairement à l’origine du mécanisme de cette machine infernale. Personne ne leur avaient demandé de fournir des images du travail qui auraient prétendument « ‘faire problème » dans un contexte où l’on joue à se faire peur. Intimidés par le « contexte » ambiant, certes, mais nul n’étant à l’abri de pressions passagères, il leur suffisait d’admettre cette erreur de circonstance pour être, eux aussi , mis hors de cause. Au lieu de cela ils se sont drapés dans un inadmissible silence, refusant toute condamnation orale et surtout écrite, aucune déclaration publique en ce sens n’est faite, à ce jour, en ce sens. Après un peu de distance et de réflexion, n’étant pas au coeur des informations, j’ai compris et j’accuse.
      Gisèle Grammare, Professeure émérite, Paris 1 Panthéon / Sorbonne, U.F.R des Arts plastiques et Sciences de l’Art.

      1. J’étais dans cette assemblée générale et je suis intervenue pour dénoncer cette affaire et surtout pour demander que les organisateurs du Prix Michel Journiac prennent position contre la censure et l’intervention de la police dans l’ U.F.R, ils se sont tus. Les « explications « fûmeuses » qui ont été fournies n’ayant qu’un seul objectif : se protéger parce qu’ils sont clairement à l’origine du mécanisme de cette machine infernale. Personne ne leur avaient demandé de fournir des images du travail qui auraient prétendument pu « ‘faire problème » dans un contexte où l’on joue à se faire peur. Intimidés par le « contexte » ambiant, certes, mais nul n’étant à l’abri de pressions passagères, il leur suffisait d’admettre cette erreur de circonstance pour être, eux aussi , mis hors de cause. Au lieu de cela ils se sont drapés dans un inadmissible silence, refusant toute condamnation orale et surtout écrite, aucune déclaration publique en ce sens n’est faite, à ce jour, Après un peu de distance et de réflexion, n’étant pas au coeur des informations, j’ai compris et j’accuse.
        Gisèle Grammare, Professeure émérite, Paris 1 Panthéon / Sorbonne, U.F.R des Arts plastiques et Sciences de l’Art.

  2. Salut…oui j’ai été mis au courant de cette réunion mais je n’ai pas pu venir. Bien c’est faux : comme le juge l’a expliqué dans son ordonnance et comme on l’a entendu de la bouche du représentant de la préfecture et de celle de la représentante de Paris 1, la décision vient du Président de Paris 1 et la préfecture a aidé à la mise en œuvre de cette décision. Mais les artistes en question m’ont dit que c’était ce qui avait été expliqué lors de la réunion 😉

    1. Merci de votre intervention, seule l’aide que vous avez apportée au étudiants permet une « réparation » du préjudice, espérant que vous serez au vernissage demain. Très chaleureusement. Gisèle Grammare.

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